Le secteur de la construction consomme plus d’un tiers des matières premières utilisées en Europe et génère presque autant de déchets. Grâce à des choix réfléchis, cette relation peut être inversée : moins d’extraction, moins de déchets, davantage de valeur créée. C’est pourquoi Ciril évalue chaque projet à l’aide de son outil Performance & Sustainability Assessment (PSA) et fixe des objectifs mesurables, notamment en matière de gestion des ressources naturelles et des déchets.
« Chaque pierre que nous n’extrayons pas et chaque kilo de déchets que nous ne produisons pas réduisent notre impact. C’est ainsi que nous construisons, de manière neutre en énergie et en matériaux, des projets qui génèrent des bénéfices concrets pour demain. »
Werner Wouters, Development Director chez Ciril
Une boussole pour une construction durable et pérenne
L’outil PSA analyse huit thématiques — de l’énergie et de l’eau à la biodiversité et à la valeur sociale — et les relie à des objectifs concrets. Il en résulte, pour chaque projet, un plan d’action visant à atteindre le score de durabilité maximal sur l’ensemble des thèmes. Cet article se concentre sur deux thématiques étroitement liées : les déchets et les ressources naturelles.
Ressources naturelles : le biosourcé comme nouvelle norme
Bois, chanvre, lin, isolation en cellulose… les matériaux biosourcés ne sont plus marginaux et trouvent de plus en plus leur place dans les cahiers des charges. Ils stockent du CO₂ pendant leur croissance, nécessitent moins d’énergie lors de leur production et constituent une base durable pour les bâtiments de demain.
Dans le projet résidentiel Benedicte à Mortsel, nous allons encore plus loin. L’ensemble de la structure porteuse est réalisé en bois lamellé-croisé (CLT), un système de construction en bois de haute qualité et circulaire.
Le chef de projet Marc Lenaerts précise :
« Nous concevons toutes les connexions en bois de manière démontable, afin que les éléments structurels puissent être réutilisés dans plusieurs décennies. La façade est également modulaire, réalisée en thermowood durable. Nous créons ainsi un système constructif capable d’évoluer avec les besoins futurs et plaçant le réemploi au centre. »
Mais l’impact ne se limite pas aux matériaux.
« Les futurs habitants profiteront avant tout d’un climat intérieur agréable et naturel — en hiver comme en été — grâce à la géothermie pour le chauffage et le refroidissement.
Il s’agit du système le plus durable et le plus écologique actuellement disponible sur le marché. Combiné au nombre maximal de panneaux solaires, nous visons un bâtiment qui réduira drastiquement ses émissions de CO₂ liées à la consommation d’énergie, avec même un surplus énergétique durant les périodes ensoleillées. »Marc Lenaerts, Project Manager chez Ciril
Nous privilégions donc autant que possible les matériaux biosourcés et planifions la réduction progressive des matériaux non biosourcés. Nous évitons également la pierre naturelle provenant de zones dites « sensibles », où les droits humains ou les écosystèmes sont menacés.
La céramique reste pour l’instant incontournable, mais nous en limitons les volumes et recherchons des fabricants qui passent aux énergies renouvelables. Pour les sols, les parquets contrecollés et le linoléum — largement biosourcés — sont privilégiés.
Nous portons aussi un regard critique sur notre plus grande ressource « cachée » : le bâtiment existant. Chaque nouveau projet débute par une étude approfondie visant à déterminer si la rénovation ou la reconversion est possible. Cette approche a déjà permis des rénovations réussies, notamment pour le projet De Kazerne à Gand, et la rénovation de l’école Sint-Lutgardis à Mortsel est actuellement à l’étude. Par ailleurs, nous avons entièrement redéveloppé des bâtiments sous-utilisés et obsolètes tels que De Bonnefant et Hastrid à Hasselt, Le Jules à Evere et Bollard à Gand. Ce changement de mentalité — passer de la tabula rasa au sourcing des matériaux sur site — ouvre des perspectives inattendues.
Déchets : du flux résiduel à la matière première
Réduire l’utilisation de matières premières vierges implique aussi une gestion plus intelligente des déchets. C’est pourquoi nous concevons des bâtiments facilement démontables à long terme. Les modèles Revit indiquent, pour chaque élément, la méthode de démontage, les vis ou clips utilisés et le scénario de recyclage possible. Chaque produit reçoit ainsi, dès le premier jour, un « passeport » vers une seconde vie.
Le projet d’appartements Le Jules à Evere illustre parfaitement cette approche. Lors du démantèlement et de la démolition, des milliers de mètres carrés de dalles de plafond, d’isolants muraux, de planchers techniques et de dalles de moquette — ainsi que de nombreux luminaires — ont été réemployés sur site dans de nouveaux projets de construction. Plusieurs tonnes de bois, de verre, de plâtre, de métaux, de câbles et de gravats ont également été soigneusement triées pour être transformées en nouveaux matériaux de construction.
« Tarkett a récupéré 5 301 kg de dalles de moquette sur le site de Le Jules. Cela correspond à l’équivalent de 7 421 kg de CO₂ évités. »
Alain Rondonck, Key Account Manager chez Tarkett nv
Cette gestion des matériaux existants a nécessité une organisation logistique rigoureuse, mais elle a permis de réduire de 30 % l’utilisation de nouveaux matériaux et de réaliser d’importantes économies de transport.
« Grâce au démantèlement circulaire, nous avons non seulement évité 320 tonnes de déchets, mais aussi l’achat de nouvelles matières premières pour une valeur de plus d’un demi-million d’euros. »
Robert Kurvers, Project Manager chez Ciril
Nous incitons également nos partenaires à suivre cette voie. Avant le démarrage des travaux, nous demandons à chaque entrepreneur principal de fournir un plan de gestion des déchets et de recyclage. Ceux qui manquent encore d’expérience sont activement accompagnés — non par paternalisme, mais par la conviction que le partage des connaissances est le moyen le plus rapide de générer un impact à l’échelle du secteur..
Partager les connaissances comme levier
La circularité ne s’arrête pas aux portes du chantier. Nous partageons les données issues de l’outil PSA avec les fournisseurs, les riverains et les autorités locales afin qu’ils puissent eux aussi tirer des enseignements de ce qui fonctionne — et de ce qui fonctionne moins.
Néanmoins, le chemin vers une construction entièrement circulaire reste long. La législation accuse un retard et le prix du marché des matériaux vierges demeure faible par rapport au surcoût lié au réemploi des matériaux existants. C’est pourquoi nous participons activement aux échanges avec des organisations sectorielles telles qu’Embuild et suivons le parcours VCDO de Voka afin de mettre ces obstacles à l’agenda. L’une des propositions concrètes que nous défendons est l’instauration d’un taux de TVA réduit pour les isolants biosourcés, à l’image de ce qui existe déjà pour les matériaux de seconde main.
Rejoignez-nous – et faites la différence
Chaque projet, petit ou grand, peut dès aujourd’hui opter pour une utilisation plus intelligente des matériaux. Ciril démontre que la faisabilité technique n’est plus une excuse. Les utilisateurs finaux sont eux aussi de plus en plus conscients et choisissent délibérément des projets à la pointe de la durabilité.
Nous invitons les promoteurs, les autorités locales et les concepteurs à nous rejoindre dans l’accélération de la transition circulaire. Nos spécialistes se feront un plaisir de partager leur expertise en matière de CLT, de recyclage sur site et de construction démontable.
Envie de créer de l’impact ensemble ? Suivez nos projets sur ciril.com ou contactez-nous pour un premier échange exploratoire.